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HENRI TERRENOIRE

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Les articles qui suivent retraces une partie de la vie d'Henri Terrenoire, nous tenions à lui rendre hommage, lui qui nous a permis de créer ces bibliothèques dans différents lieux, grâce à l'apport d'une grande partie de ses livres, revues, magasines, etc. D'autres depuis nous ont aussi apporté leur contribution, nous tenons à les en remercier.

TERRENOIRE, Henri, Louis

Né à Mayet-de-Montagne (Allier) le 15 juillet 1922 - mort le 20 avril 2016 - Jardiniste - FA – Vichy (Allier) samedi 27 février 2010 par R.D., René Laplanche popularité : 16%

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Henri
Henri Terrenoire (Photo : R. Laplanche)

Né dans une famille de tailleurs de pierres de la Montagne Bourbonnaise, Henri Terrenoire avait été déporté en Allemagne au titre du STO et c’est là qu’il rencontra le militant libertaire Robert Favry qui l’introduisit à l’anarchisme. Lors de cette déportation en Poméranie, il fut particulièrement marqué par les bombardements sur Stettin où la vision des destructions humaines et matérielles le convainquirent de lutter contre toutes les guerres.

Henri Terrenoire était au début des années 1950 membre du groupe de Cusset-Vichy de la Fédération anarchiste (FA) et travaillait comme jardiniste. Il fut l’un des organisateurs du congrès tenu en 1956 par la Fédération anarchiste à Vichy. Il était également l’un des animateurs de la Libre Pensée du département. Il fut le fondateur de l’Atelier populaire qui allait être le vecteur de l’agitation post soixante huitarde sur le département de l’Allier. A la suite de la projection à Vichy du film "Tu ne tueras point" l’idée de créer un journal de contre-information naquit et se concrétisa par la publication du bulletin Le Débrédinoir publié à Moulins dans les années 1970-1980 et qui en juin 1978 fut poursuivi par le tribunal de Moulins pour "omission de déclaration de changement de directeur". Le journal, tiré à 300 exemplaires et diffué essentiellement à Moulins et Vichy, comme L’atelier populaire fut de toutes les luttes de cette époque (Le Larzac, l’objection de conscience, l’antinucléaire, la lutte des femmes, etc..) et de nombreux débats et réunions accompagnées par la projection de films et auxquelles Terrenoire participa. Il fut également dans ces années celui qui impulsa la création du groupe de Moulins de la Fédération anarchiste auquel il collabora. Suite à la prise de contrôle de La Libre Pensée par les trotskistes et communistes, Henri Terrenoire s’éloigna de cette organisation.

Henri Terrenoire participa également à la défense de l’ancien élu socialiste Fernand Auberger (voir sa notice dans le Maitron), injustement accusé par des adversaires politiques de collaboration pendant la guerre. Ce dernier avait en effet été en poste quelque temps dans l’administration de Vichy, ce qui lui avait permis de faire sortir des camps d’internements de nombreux militants communistes, socialistes ou libertaires - dont Gabriel Auboire - et appartenait également aux réseaux Alliance et Mouvemnts Unis de la Résistance (MUR). A ce propos Henri Terrenoire publia "Fernand Auberger et la Résistance : mon devoir de mémoire". Henri Terrenoire est décédé à Randan (Puy de Dôme) le 20 avril 2016.

René Laplanche
Sources : G. Ali Khanifar "Une adhésion à une pensée libertaire : le parcours d’Henri Terrenoire" (Université Blaise Pascal, Clermont Ferrand, 1994) // Le Débrédinoir, n°36, mars 1981// Entretiens et correspondance de R. Laplanche avec H. Terrenoire // Iconogr. : René Laplanche.

Portrait d'un Libre Penseur : Henri Terrenoire

Publié le 21 février 2009 par Association des Libres Penseurs de France
citoyen engagé pour la paix et la biodiversité

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Henri

Henri Terrenoire a 86 ans et l’engagement chevillé au corps. C’est un homme au regard pétillant qui raconte son parcours, ses combats et ses découvertes. Parmi les événements qui ont marqué sa vie : la Seconde guerre mondiale. Réquisitionné par le service du travail obligatoire, il passe 3 ans en Allemagne entre 1942 et 1945. Cette expérience a façonné chez lui des convictions solides et la volonté de se battre pour la paix. Il se définit lui-même comme un passeur d’idées, un libre-penseur internationaliste, citoyen du monde et pacifiste. Et un progressiste acharné : « Le passé peut être étudié, analysé, mais pour moi il ne doit pas être un idéal auquel on s’attache. Passéiste, non, c’est l’avenir qui m’intéresse. » Ce lecteur infatigable de La Boétie, Rabelais, Voltaire, Hugo, Bakounine, Kropotkine, Debord et Van Eigen a fait sienne cette phrase qui figure dans le préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO: « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Abonné fidèle du courrier de l’UNESCO depuis des années, Henri Terrenoire aimerait que l’action de cette organisation soit mieux connue. Il prépare d’ailleurs une manifestation aux couleurs de l’UNESCO pour le printemps prochain.

Mais Henri Terrenoire est aussi un inventeur. Un inventeur de fleurs et d’arbres. Lorsqu’il arrive à Bellerive en 1955, il a déjà derrière lui dix ans d’expérience en arboriculture fruitière et d’ornement. Il s’est formé à Lapalisse, à Angers, et en Suisse, où il effectue plusieurs stages avant de revenir dans son Bourbonnais natal. Il travaille ensuite à Vichy, puis à Cusset, où il axe sa production sur les plants de fraisiers, qui lui permettent d’approvisionner les hôtels de Vichy en fraises des bois. A Bellerive, il crée une pépinière et propose aussi ses services de jardiniste. C’est ainsi qu’il définit son métier, entre le jardinier et le paysagiste : « Le jardiniste dessine et conçoit les jardins, il ne se contente pas de les cultiver ». A ses heures perdues, Henri Terrenoire se passionne pour la recherche et les nouvelles variétés de plantes. De ses observations et de ses essais sont nées une quinzaine de roses bellerivoises, comme « Jeanne Eloïse », « Libre pensée », « Emile Guillaumin », « Agathe Fallet », « Alice Auberger » ou encore « Centenaire de Bellerive ». Henri Terrenoire a aussi créé des arbres fruitiers : pêcher, pêchelier (hybride de pêcher et d’amandier), prunier. Il a par ailleurs été primé plusieurs fois pour la création d’une variété de cornouiller, le cornus alternifolia « Terrenoire Gold ».

Aujourd’hui à la retraite, Henri Terrenoire continue patiemment ses recherches. Ses derniers essais portent sur l’obtention de cerisiers et de pruniers nains. Et demain ? D’autres découvertes l’attendent, au détour d’un semis ou d’une greffe. A l’heure où l’opinion s’intéresse de plus en plus à la biodiversité, le jardin d’Henri Terrenoire est un laboratoire pour l’avenir. L’avenir, un mot qui, décidément, revient souvent quand on parle d’Henri Terrenoire.

paru dans: Magazine municipal « Bellerive ma ville », n° 118, février 2009.

TERRENOIRE Henri, Louis [Dictionnaire des anarchistes]

Né le 15 juillet 1922 à Mayet-de-Montagne (Allier), mort 20 avril 2016 à Randan (Puy-de-Dôme) ; militant de la Fédération anarchiste et de la Libre pensée, puis de l’Association des libres penseurs de l’Allier ; jardinier créateur de roses.

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Henri Terrenoire obtint son certificat d’études à douze ans et fut scolarisé jusqu’à quatorze ans. Il fut d’abord tailleur de pierre avec son père Marius, homme de gauche sans être militant. Puis il fut apprenti jardinier à Lapalisse (Allier) en 1939. Il s’installa en 1947 dans l’agglomération comme jardiniste (sic) de Vichy et vécut à Bellerive-sur-Allier depuis 1955.

Embrigadé à Vollore-Montagne (Puy-de-Dôme) dans les chantiers de jeunesse mis en place par Pétain, suite à un partage inéquitable de nourriture (des petits choux) entre les jeunes et leurs « officiers », Henri Terrenoire prit conscience de l’injustice. Puis, déporté du travail (STO) en 1943, face aux bombardements alliés sur Stettin, en Poméranie (aujourd’hui en Pologne), il se jura d’œuvrer toujours contre la guerre et l’armée et de devenir militant.

En déportation en Allemagne, Henri Terrenoire rencontra Robert Favry* affecté à Siemens, paysan et tailleur de pierre mais aussi militant ajiste, FA et militant CGT. Cette rencontre fut déterminante dans son engagement ultérieur. Au retour de la guerre, il prit contact avec les anarchistes de Vichy, dont Gabriel Auboire, secrétaire départemental de la Libre-Pensée, Raymond François et sa compagne, Suzette. En 1945, il suivit les cours de l’école d’horticulture d’Angers et adhéra à la CGT puis, pour améliorer sa qualification, en 1946, il partit travailler en Suisse où il lisait Le Libertaire que lui envoyait Favry. En 1947, de retour à Vichy, il milita avec les anarchistes et à la Libre-Pensée et devint correspondant local du Libertaire. À cette période, il rencontra Aristide Lapeyre venu faire une conférence.

Au début des années 1950, il était membre de la 7e région de la FA au groupe de Cusset-Vichy qui organisa en 1956 le congrès de la Fédération anarchiste à Vichy. La même année, il participa à la création d’une coopérative de consommation, Vichy-coop. En 1961, il fonda le Comité départemental d’action laïque (CDAL). En 1973, Henri Terrenoire assura le secrétariat du Comité Larzac mais ne participa pas à la grève de la faim car il devait rester « en forme pour nourrir ses quatre enfants ».

Henri Terrenoire a aussi été un militant anticlérical ; il fut durant plusieurs années secrétaire de la Libre-Pensée de l’Allier avant de devenir, suite aux manœuvres des trotskistes lambertistes, président de l’Association des libres-penseurs du département.

En 2009, toujours actif dans son jardin, il sélectionnait une rose qui, déclarait-il, « pourrait s’appeler Michel Ragon ». Après avoir légué sa précieuse bibliothèque au collectif libertaire de l’Allier, le vieux « jardiniste » et créateur de roses, comme il aimait à se définir, s’est éteint dans la nuit du 20 avril 2016 à Randan dans le Puy-de-Dôme. Il a été inhumé à Monton dans le même département.

OEUVRE : de nombreux articles dans les journaux de la Libre-Pensée. « Les anarchistes et l’affaire Dreyfus », in Hommage à Louise Michel et Sébastien Faure, avec M. Prévôtel., R. Labregere, J. Salamero, Fédération nationale de la Libre-Pensée, 1996. Fernand Auberger et la Résistance, Bellerive-sur-Allier, Association des libres-penseurs, 2002. SOURCES : Ali Gérard Khanifar, Une adhésion à une pensée libertaire, le parcours d’Henri Terrenoire, université Blaise-Pascal de Clermont Ferrand, 1994. — Correspondance avec H. Lenoir ; entretien direct en août 2009. Hugues Lenoir
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